Camden Town s’investit pour les sinistrés japonais
Jennifer et David Jeanmonod, bien connus à Bienne et dans le Bas-Vallon avec leur boutique de piercing Camden Town, à Bienne, ont été émus par l’ampleur des dégâts au Japon après le violent tremblement de terre, le tsunami et la catastrophe nucléaire. Ils ont décidé de s’associer à l’action de la Chaîne du Bonheur et ont créé un T-Shirt «Camden Town prays for Japan». Ce T-shirt est vendu Fr. 25.–, somme qui sera intégralement reversée à la Chaîne du Bonheur. Nous avons profité de cette occasion pour réaliser une interview. <fett>
- Echo: Jennifer et David, par le passé, vous avez déjà soutenu d’autres associations d’entraide, comme le Téléthon. Vous avez notamment versé la somme de 2'215.- francs à la suite du dernier Téléthon 2010 (voir articles dans nos colonnes les 25 novembre et
9 décembre 2010). Qu’est-ce qui vous a motivés à lancer cette action en faveur du peuple japonais sinistré?
David: Ce 11 mars m’a fait revivre un 11 septembre. J’ai vu des images en direct sur CNN. Mon père venait de m’envoyer un message sur mon mobile… J’étais pétrifié en voyant les images, c’était l’apocalypse. Je pense que la motivation est naturelle à ce moment-là. En tout cas, pour Jenny et moi, notre but a été clair tout de suiteDonner un coup de main, faire quelque chose. Et comme nous connaissons bien la jeunesse du Bas-Vallon, du Seeland et du Jura bernois, nous étions optimistes pour le résultat de ce projet humanitaire. Car l’année passée lors du «Piercing for Téléthon» nous avions réussi à faire, grâce à tous ces jeunes (et moins jeunes) un excellent résultat. Nous avons d’ailleurs décidé de remettre le couvert cette année avec le Téléthon.
- Echo: David, vous avez été incorporé dans les troupes sanitaires lors de votre service militaire. Est-ce que cela explique que vous ne restiez pas insensible lors de catastrophes naturelles et que vous vous sentiez plus concerné?
- David: Lorsque j’ai fait mon service militaire j’ai été incorporé à Izone comme grenadier. Et lorsque j’ai été «pioché» pour grader, j’ai fait une demande pour être incorporé comme soldat sanitaire. Grâce à ce que j’ai appris lors de mes cours et lorsque j’ai été volontaire pour la Swisscoy, j’ai pu aider déjà plusieurs fois des personnes blessées. Dans le début des années 2000, je travaillais de temps en temps le
week-end dans des festivals pour faire le service sanitaire. C’était aussi très valorisant. Je dirais que «donner un coup de main» a toujours été naturel pour moi.
- Echo: Avez-vous eu l’occasion d’aller au Japon auparavant et y avez-vous des amis ou connaissances?
- David: Mettre Jenny dans un avion est déjà une aventure en elle-même (rires) Nous voyageons assez souvent pour les affaires et pour la famille bien entendu, mais nous ne sommes encore jamais allés au Japon. J’ai des clients japonais, je mange de temps en temps japonais. Mais ce n’est pas la relation que l’on a avec tel ou tel pays qui est important. Jusqu’au 11 mars je ne savais même pas ou se trouvait le japon exactement sur une carte. Mais lorsque vous voyez pendant plus de deux semaines chaque soir des images d’une si grande tristesse, vous ne regardez pas la couleur de la peau. Les larmes sont de la même couleur sur un visage d’une maman japonaise que sur celui d’une maman suisse.
- Echo: Comment avez-vous choisi le texte et le design du T-shirt?
- David: Nous avions convenu en premier de vendre notre merchandising avec notre logo que nous venions de recevoir pour les sinistrés au Japon. Mais après la première journée, tellement de clients m’ont motivé à réaliser un logo perso que je m’y suis mis. Et c’est en quelques minutes que le motif était prêt: Le drapeau japonais ensanglanté…, avec le message: «Camden Town prie pour le Japon». Ce qui est très conflictuel, car avec Jenny nous ne sommes pas très croyants… Mais ce 11 mars j’ai fait le même geste que j’ai fait un 11 mais septembre c’était en 2001J’ai mis mes mains ensemble et j’ai simplement pleuré en voyant impuissant devant ma télé des gens être emportés par la vague. Il y a presque dix ans des «virgules» comme on les a appelés sautaient depuis les Tours jumelles… Ce genre d’images me hante et je dois absolument en parler avec Jenny. Elle sait que même si au travail, je suis «le perceur» toujours habillé en noir, à la maison je ne suis pas le même. C’est pour cela aussi, et c’est la première fois depuis 1997, que Camden Town sort un T-shirt blanc.
- Echo: Une dernière question à Jennifer! En tant que femme et maman de deux jeunes enfants, comment vivez-vous ce qui se passe au Japon
- Jennifer: Je trouve vraiment très triste.
La nature est plus forte que tous.
Et personne ne peut rien y faire.
Alors si chaque personne donnerait ne serait-ce qu’un franc, ça serait déjà beaucoup. Je suis fière de notre action, fière de mon mari, il faudrait plus de personnes comme lui. Alors j’espère que chaque don donnera un peu de bonheur à ces gens.
- Echo: Jennifer et David, merci d’avoir accepté de répondre à notre interview. Plein succès pour votre action!